Trip aux iles Lofoten

Jour 7 : Ramberg - Reine - Fjord


2 Août

Grand jour ! Je me lave dans le ruisseau. Pour le corps c’est seulement avec un gant et sans savon. Pas trop de propreté d’un coup . Non mais c’est surtout l’eau qui est glacée ! Je me suis pété les dents en me les brossant la veille . Le savon ne veut même pas mousser. Alors juste un petit rafraîchissement et hop ! Direction Reine.

Encore une fois, l’aérofrein sac à dos fonctionne parfaitement ! Vent de merde, jamais avec nous.
Sur la route nous passons trois tunnels. Pas besoin de les traverser, une route les contourne sur la côte.

Panorama Reine

En arrivant dans les environs de Reine on découvre une vue magnifique ! Le village est assez joli aussi. A l’intérieur il n’y a pas grand-chose à voir. En tout cas, on a largement dépassé l’heure de bouffer !
Affamé, mais d’une grande bonté, Julien me laisse pêcher sans taper dans la bouffe, même s’il en crève d’envie ! On se dirige vers les rochers pour pêcher. Dès que ça donne sur le large avec du fond, ça sent bon. Une dizaine de minutes plus tard, je sors un maquereau. Dépecé et consommé sur place. Julien prend la suite et sort son premier poisson, un gros cabillaud. Ça y est, enfin. Fier comme Artaban, c'est un homme à présent ! Sa barbe a poussé d'un centimètre d’un coup ! On le prépare et le met de côté pour le soir.

On en prend un deuxième histoire d’en avoir un chacun, au bouchon cette fois. Un petit Lieu Noir, ça fera le job comme disent les canadiens. On a attaché une chute de maquereau en guise d’appât. A peine trente secondes après l’avoir mis dans l’eau, le bouchon coulait déjà  ! On les nourrit pas ou quoi ?! On arrête de pêcher : bah forcément ça va trop vite ! Je croyais que la pêche était un « sport » de patience ! Même pas le temps d’appliquer les leçons de John Rambo sur la première prise que la deuxième est là ! Chez nous, les pêcheurs ont le bide qui poussent au rythme des 1664 qui descendent, ici tu n’aurais même pas le temps de finir ta pinte !
Bref, pour en revenir à John Rambo… C’est lui qui m’a tout appris. Un coup de couteau dans l’anus et je remonte jusqu’en haut ! Ensuite on tire toute la tripaille dehors. J’arrête là… Ça me rappelle le Vietnam. On emballe et fourre nos prises avec des herbes mouillées pour conserver la fraîcheur. On va se laver les mains dans les WC de l’établissement de location dans le village. On passe prendre de la sauce au petit Statoil puis direction le fjord juste après Reine pour notre 2e randonnée.

Panorama Cote Norvège

Juste après le pont, on doit suivre la rive gauche du fjord. On planque les vélos et on continue à pied. Sur internet, on peut lire que cette première partie est balisée. Cette blague ! C'est Jurassic Park ! Ce n'est pas évident pour trouver le début du chemin déjà, ensuite le chemin est glissant, pierreux, plein de végétation, voire de trous. On marche une heure là dedans pour arriver dans un bel endroit ! Il y a un rorbuer rouge cadenassé, un ponton sur une eau turquoise et derrière, un lac encore une fois alimenté par une cascade, tout comme le fjord. C'est calme.
La randonnée devait être beaucoup plus longue mais comme on en avait un peu marre, on campe ici. On s'installe sur la butte entre le fjord et le lac. Grande surprise ! On découvre des myrtilles sauvages ! Pas tout à fait mures mais bonnes ! Les meilleures baies sauvages qu'on ai gouttées jusqu'à présent en tout cas.

Un petit coin de paradis n'est-ce pas ? Mais retour à la réalité des Lofoten ! Personnellement, la marche m'a trempé les godasses, les chaussettes et le pantalon. Et il se remet à pleuvoir. On est dans la tente en attendant de pouvoir manger nos poissons. Ah ce soir on en a marre de l'eau !
La pluie stoppe à 10h30. On descend au Rorbuer faire un BBQ pour nos chers amis de la mer. Julien ramasse du bois, si possible sec, pendant que je prépare les poissons. Ça aussi c'est gonflant à force  ! Il faut écailler le poisson, aller le rincer sans se casser la gueule sur les algues. Mon couteau est dégueulasse et pue. Je ne peux plus m'en servir sans le laver. J'ai les mains poisseuses, qui puent le poisson encore après deux lavages ! Ah si seulement on pouvait pêcher des poissons panés ! Après mûre réflexion... On aurait du partir avec une femme  ! Aaaaah ça va je plaisante  !

Le feu est prêt, il commence à prendre. Mais comme la perspective d'un poisson grillé sur une pique est trop belle, il se remet à pleuvoir... Tel Bear Grylls, Julien fabrique un abri de fortune pour le feu. Un tronc d'arbre, une barque et voilà un chapiteau. C'était une petite averse, on a eu le temps de finir notre poisson grillé. Homo-sapiens tu étais, homo-sapiens tu resteras : le poisson sur le feu, c'est trop bon ! J'en profite pour faire sécher mes chaussures, chaussettes et mon pantalon. Au final, ce n'est pas sec du tout et ça pue la fumée à 10 mètres !
Retour à la tente pieds nus et au lit.


Astuces et Conseils

Faire du feu est très compliqué... Rien n'est sec. Oubliez le réchaud à bois.