Trip aux iles Lofoten

Jour 10 : Sorvagen - A


5 Août

Je crois que j'ai franchi un seuil. Enfin, mon dos surtout. Je crois que mon dos a franchi le seuil de tolérance des sols trop durs ! Nuit difficile ! Je me suis couché tard pour écrire mon récit (comme souvent), mais surtout je n'arrivais pas à trouver de positions confortables ! Il a plu encore mais aucun problème dans la cabane. Quand j'y pense, je crois qu'il n'y a pas eu un jour sans qu'il ne pleuve. Dont trois grosses fois. Cela dit, même s'il ne pleut pas, ça ne veut pas dire que l'on est au sec, avec la végétation.
En parlant de ça, les affaires que j'avais lavées la veille ne sont toujours pas sèches. Les vêtements sèchent très mal ici. Ça doit être à cause de l'humidité ambiante. Heureusement que j'avais prévu des affaires à séchage rapide...! Je m'habille avec, tant pis, ça finira de sécher sur moi. Tâches matinales habituelles et on décampe. Au bout de cinq minutes il se met à... faire grand beau ! Non je plaisante, à bien pleuvoir. Attendez on venait de laver nos vêtements il ne pouvait pas faire soleil  ! On s'arrête sous un abris de boîte aux lettres pour enfiler nos vêtements de pluie. Finalement ça s'arrête aussi vite que ça a commencé. Tant mieux. Je préfère fouiller trois fois mon sac que me prendre la pluie.

Panorama A

On arrive à A (prononcez O). On s'arrête dans le café-restaurant-renseignement pour recharger nos batteries. De l'électronique, pas les nôtres ! Nous on va se contenter d'un café. Plutôt d'un thé pour Julien, étonnant ! Il y en a des choses à dire sur ce restaurant ! Déjà pas le droit de rentrer avec les sacs, s'il pleut c'est pareil. C'est 25 NOK pour un café filtre en thermos. Même pas refillable !
« Excuse-me, is it refill free ? » « No sorry. » .... La patronne est aussi aimable et accueillante qu'une porte de prison. Le sourire devait être payant aussi. Je crois qu'ils n'aiment pas trop les randonneurs  ! Ces bandes de pauvres qui n'achètent qu'un café juste pour être au chaud, avec l'électricité et le wifi. Tant pis, on va rester jusqu'à ce que la LED de ma batterie soit verte ! Et je vais même aller squatter les chiottes  ! D'autres français ont préféré partir quand ils ont appris qu'ils ne pouvaient pas rentrer avec leurs affaires. Julien voulait leur mettre une sale note sur Trip Advisor mais ils n'y sont pas, dommage ! 14h28 pétante ! La batterie est pleine. L'attente fut longue. On avait un peu l'impression d'être en trop. Cassos.

A est assez petit, il n'y a rien à faire. A part peut-être un petit musée, une petite supérette, la boutique (assez grande) de souvenirs... ou alors... la boulangerie ! C'est une très petite et très vieille boulangerie artisanale. Y'en faut pas plus pour nous ! Julien me parle de Kanelbullar depuis le début, peut être en font-ils ici. Par chance, c'est leur spécialité  ! Il ne reste que quatre choses devant nous sur le comptoir. Trois miches de pain, et UN Kanelbullar. 25 NOK. On prend. C'est 15 heures, parfait, ça fera notre post-dessert ou notre pré-goûter . On s'installe sur une table devant l'établissement. On sort l'objet de nos fantasmes de son papier.

Kanelbullar

On l'admire trente secondes... On s'interroge. Va-t-on être déçu ? Dix jours d'effort pour quoi ? Qui suis-je pour juger cette boule de farine à la cannelle ? Je le prends en photo. D'un geste maîtrisé Julien sort sa lame. Je retiens mon souffle, je serre les fesses . Julien calcule le milieu... Il a toujours été meilleur que moi en maths. C'est un moment délicat. Des guerres ont déjà éclaté comme ça... j'en suis sûr. Le couteau s'enfonce. L’acte devient quasiment biblique. Moïse ouvrant la mer, Jesus divisant les pains ou Julien tranchant le Kanelbullar, j'en perds mes notions. Le choc de la lame sur la table résonne en moi. Je prends délicatement ma moitié, ou plutôt je crois que c'est la moitié qui m'a choisi. Je porte la viennoiserie à la bouche . Mes chakras s'ouvrent ! Nous sommes passé à l'an zéro après KB.
En fait il est légèrement sec, mais c'est super bon ! C'est une genre de brioche à la cardamome, à la cannelle et au sucre. La recette est sur l'emballage. On testera ça à notre retour  ! Demain matin, on reviendra en prendre deux pour le petit-déjeuner. D'ici là, on se dirige vers le bout de l'île, la fin de la route. On ne peut pas aller plus loin. On campera donc ici !

Je passe le reste de l'après-midi à pêcher. Sans grand succès. La mer est agitée, rien ne mord. Après deux heures de lancers je commence à avoir mal au poignet ! Remuer une canne aussi longue pendant aussi longtemps, je n'ai pas l'habitude . Bon c'est pas normal ça ! Convaincu que c'est à cause de la mer, je change de côté. Je vais entre le bout de l'île et l'autre d'en face. L'endroit est plus abrité du vent. En trente minutes c'était plié ! Un gros maquereau, trois lieux noirs dont deux relâchés. Julien n'est plus déçu par mes qualités de pécheur c'est bon. C'est qu'il fait sa pimbêche maintenant  ! Encore une fois on aura bien mangé. Comme les mouettes ! Elles virevoltaient tout autour de moi pendant que je vidais les poissons.
Du coup on s'est même fait une copine. Elle a squatté à coté de notre tente jusqu'à ce qu'on ait fini de manger. C'est comme ça qu'a commencé ma nouvelle-déjà-terminée carrière de dresseur de mouettes. J'étais meilleur avec les Pokémons .

Pendant que j'y pense, je voudrais leur lancer un big-up. Durant tout le temps qu'elles nous survolaient au grès de nos pêches, aucune ne nous a chié dessus, et ça c'est bien mon copain. Merci. Allez bonne nuit !


Astuces et Conseils

Achetez donc un bon Kanelbullar ! Ça serait dommage de repartir sans. Allez-y assez tôt par contre !
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